MOINS de SUCCÈS•En Suède, l’extrême droite recule pour la première fois depuis 2010 lors des élections législatives de dimanche, avec une baisse de près de trois points pour le parti les Démocrates de Suède.
Les élections législatives suédoises de dimanche ont marqué un recul pour les Démocrates de Suède. Alors que le dépouillement se poursuit, le parti d’extrême droite est crédité de 17,6 % des voix, contre 20,5 % en 2022. Il s’agit de sa première baisse depuis son entrée au Parlement en 2010.
Avec près de trois points perdus, la formation dirigée par Jimmie Åkesson cède aussi sa place de deuxième force politique à la droite modérée du Premier ministre sortant Ulf Kristersson. « Il est évident que nous avons perdu quelques points de pourcentage par rapport à notre score d’il y a quatre ans », a reconnu dimanche soir Jimmie Åkesson.
Gauche et droite ont durci la politique migratoire
Ce recul pourrait notamment s’expliquer par le durcissement général de la politique migratoire en Suède. Après la forte hausse des demandes d’asile en 2015, plusieurs partis, à droite comme à gauche, ont adopté des positions plus strictes sur l’immigration. « Par le passé, beaucoup de gens votaient pour eux tout simplement parce qu’ils aimaient leur politique en matière de réfugiés », explique Anders Sannerstedt, politologue à l’université de Lund.
Les Démocrates de Suède disposent ainsi de moins d’espace politique sur un thème qui avait longtemps fait leur force. « Ils se cherchent désormais de nouveaux sujets de prédilection », estime Anders Sannerstedt. Sa collègue Annika Fredén juge de son côté que le parti n’a « pas réussi à devenir fort sur d’autres sujets ».
Le résultat final est attendu mercredi
Cette campagne a davantage porté sur le pouvoir d’achat et le renforcement de l’Etat-providence, des thèmes traditionnellement associés aux sociaux-démocrates. Anders Suhonen, à la tête du cercle de réflexion Katalys, rappelle que « les sociaux-démocrates ont en quelque sorte été le parti qui a bâti la société ». Selon lui, l’un des enjeux du scrutin était aussi de « mettre fin à (ce) gouvernement et de barrer la route aux Démocrates de Suède ».Nos articles sur l’extrême droite
L’issue politique reste toutefois incertaine. Ulf Kristersson avait promis de faire entrer les Démocrates de Suède au gouvernement en cas de victoire, mais la gauche dispose pour l’instant de 176 sièges contre 173 pour la droite et l’extrême droite. Cette avance doit encore être confirmée mercredi, lorsque toutes les voix auront été comptées.





